La fracturation hydraulique contamine les sources d’eau potable et affecte la santé des résidents

L’industrie affirme que la fracturation hydraulique est une technique vielle de plusieurs décennies qui a fait ses preuves.

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Malgré que cette technique ne s’est répandue que récemment (Figure 1), des études ont déjà pu documenter la contamination des sources d’eau potable à proximité des sites d’exploitation.

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Figure 1. La production de gaz naturel de schiste est un phénomène relativement récent qui a pris son essor depuis après 2007. Source: Wikipedia.
  • En 2011 un étude montrait, dans les puits d’eau potable, une concentration significativement plus élevée de méthane à proximité de puits d’extraction de gaz de schistes (à des concentration représentant un danger d’explosion) que dans les puits éloignés de l’exploitation. La signature du méthane retrouvé dans l’eau ainsi que les composés qui l’accompagnaient témoignaient de la provenance des puits exploitations de gaz de schiste (Osborne, 2011).
  • En 2014, une étude qui distinguait entre le la contamination d’origine humaine et celle issue du gaz naturel a analysé un total de 133 échantillons provenant des schistes de Marcellus et de Barnett. Elle démontrait la contamination de l’eau potable à proximité des puits de gaz naturel par la migration entre le coffrage du puits et le sol (4 cas), au travers de coffrages défectueux (3 cas) et de puits défectueux (1 cas) (Figure 2).
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Figure 2. Illustration montrant sept scénarios qui pourraient expliquer la présence de gaz naturel dans les aquifères. 1) la décomposition bactérienne; 2) migration géologique de saumure riche en gaz; 3) exolution de gaz « in-situ »; 4) gaz migrants entre le coffre du puits et le sol; 5) coffrage défectueux; 6) migration au travers des fractures hydrauliques; 6) remontée à partir d’anciens puits ou forages. Source.
  • En 2014, des mesures prises dans des puits à moins de 1 km des puits de fracturation hydraulique montraient une contamination qui augmentait avec la proximité des puits;
  • En 2015, une étude a démontré que « l’eau du robinet de maisons voisines du champ de gaz de schiste « Marcellus » en Pennsylvanie démontraient sans ambiguïté une pollution des nappes phréatiques par cette technique d’extraction ». Les contaminants auraient ainsi migré au travers de plus de deux kilomètres de couches géologiques (Llewellyn 2015);
  • En 2016, un étude étudiait la qualité de l’eau à quatre moments dans 42 les puits privés à proximité d’une région du Texas où l’exploitation de pétrole et de gaz non conventionnel était en augmentation. Les auteurs ont rapporté une modification du pH ainsi qu’une augmentation significative du carbone organique, d’éthanol, de bromure et de dichlorométhane;
  • En juillet 2017, un étude démontrait qu’en Pennsylvanie les eaux usées issues de la fracturation hydraulique, bien que traitées par une station d’épuration, contenaient divers contaminants qui étaient ensuite retrouvés dans les sédiments de le lac de la rivière Conemaugh. Les analyses on révélé des niveaux élevés de composés organiques, de radioisotopes, de sels et de métaux.  Les deux principaux composés organiques retrouvés étaient des suffragants et des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Les surfactants éthoxylates de nonylphénols sont suspectés d’être des perturbateurs endocriniens et donc d’interférer avec le système hormonal. Les HAP sont des cancérigènes reconnus;
  • Une autre étude parue en novembre 2017 a montré que les femmes enceintes résidant près des puits de fracturation hydraulique en Colombie-Britannique affichaient des taux d’un marqueur de la présence du benzène, l’acide muconique, 3,5 fois plus élevées que dans le reste de la population canadienne;
  • En novembre 2017, une étude a montré que 37% des puits stimulés en 2014 dans 14 états américains se trouvaient à moins de 2 km de puits privé d’eau potable. Dans certaines région, c’était plus de la moitié des puits qui se trouvaient à moins de 2 km.
  • Un étude publiée en décembre 2017 rapportait que les résidents habitant à 1 km ou moins d’une exploitation de gaz de schiste rapportaient un perte de sommeil, des maux de tête, une irritation de la gorge, du stress, de l’anxiété, de la toux, un souffle court, des problèmes de sinus, de la fatigue, des nausées et des sifflement respiratoires;
  • En Pennsylvanie, il a été démontré récemment (décembre 2017) des effets sur les enfants exposés alors qu’ils se trouvaient dans l’utérus de mères qui habitaient à 3 km ou moins d’un site de fracturation. L’effet était le plus prononcé à 1km ou moins du site.

Ensemble, ces évidences montrent hors de tout doute que les hydrocarbures exploités par fracturation hydraulique ainsi que les contaminants injectés lors de procédé peuvent contaminer l’eau potable à bonne distance des lieux d’exploitation du gaz de schiste.


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